Exposé sur l’importance de la carte d’électeur

Plan de l’exposé :

  1. Notions de démocratie
  2.  Droit de vote et importance de la carte d’électeur
  3. Enjeux du vote dans la prochaine décennie

  1. Notions de démocratie

Etymologiquement, le mot démocratie est dérivé du latin démos « peuple » (en tant qu’ensemble de tous les citoyens de la cité) et kr atain « commander ». Le terme démocratie désigne aujourd’hui tout système politique dans lequel le peuple est souverain. Irréversiblement, la notion de démocratie confère un pouvoir dont le seul dépositaire est le peuple souverain. In extenso, la démocratie peut aussi qualifier une forme de société, la manière de se gouverner qu’adopte une organisation ou encore un système de valeurs. Cependant, elle reste susceptible d’interprétations différentes, aussi bien quant à la signification concrète de la souveraineté populaire que pour son application pratique. Cette difficulté d’interprétation apparait clairement au regard de la diversité des régimes politiques qui se sont revendiqués ou se revendiquent comme démocratie. Ainsi, la distinction entre ce qui est une démocratie et ce qui n’en est pas fait toujours débat.

Jean Jacques Rousseau considère par exemple que la démocratie ne peut être que directe : « la souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale et la volonté générale ne se représente point. La démocratie peut être aussi définie par opposition notamment dans la classification d’Aristote et de Polybe : 

-aux systèmes monarchiques, ou le pouvoir est détenu par un seul

– aux système oligarchiques, ou le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’individus

– aux systèmes de dictature ou de tyrannie.

Karl Popper considère qu’un régime est démocratiques s’il permet aux citoyens de contrôler ses dirigeants aussi de les évincer sans recourir à la violence (leçon de ce siècle). En démocratie, le problème n’est pas de savoir « qui doit gouverner » mais comment empêcher ceux qui ont le pouvoir d’en abuser. Dans ma posture scientifique, j’apporte une réflexion au postulat de Karl Popper en puisant dans la fontaine qui alimente nos jardins fleurissants de savoirs ; en l’occurrence Hadiimu Salaam. Nous répondons à Karl Popper que le choix du dirigeant est un choix crucial   où les personnes qui doivent exercer en définissant préalablement leurs profils permet déjà de parer à la délicate tache qui est l’abus de pouvoir. Ce prototype de présidentiable valorisé par Hadiimu Salaam dans son programme politique nous fait savoir que Karl Popper devrait revoir sa copie.

On fait également une distinction entre la notion de peuple et celle plus restrictive de citoyens : tous les membres du peuple ne sont pas automatiquement des citoyens. Les citoyens recouvrent une partie plus ou moins grande de la population selon des critères qui ne sont nu stables, ni universels. En démocratie, un individu n’ayant pas atteint l’âge de la majorité civile (différent selon les pays) n’a pas le droit de vote. Par ailleurs, le droit de vote fut pendant longtemps réservé aux hommes. Le droit de vote des femmes fut établi en 1893 en Nouvelle Zélande, dans les deux premières décennies du 20ème siècle en Suède, Finlande, Norvège, Etats-Unis, Allemagne et seulement dans les années 1940 en France. 

  1. Droit de vote et importance de la carté d’électeur

En 1789, le Sénégal affirme son adhésion à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Dans ce sillage, il proclame, en l’article 2 de la constitution que la souveraineté nationale appartient au peuple Sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie de du référendum. Les élections au Sénégal concernent la désignation du président et celle des députés au niveau national, ainsi que les conseils régionaux, municipaux et ruraux des différentes collectivités territoriales issues de la décentralisation du pays. Le système électoral sénégalais est formé par les citoyens du Sénégal de plus de 18 ans ayant la pleine possession des droits civils et politiques. Avec 5 référendums, 11 élections présidentielles, 14 élections législatives, la culture du vote au Sénégal n’est plus à démontrer. La maturité de la citoyenneté sénégalaise a fini de hisser le Sénégal au rang des pays dont le rapport aux élections démocratiques est cité parmi les exemples les plus brillants. Cet attachement à la démocratie est le fruit d’un rapport fidèle avec un instrument sans lequel tous ses acquis démocratiques ne seraient que l’ombre d’une forêt dévastée : « la carte d’électeur ». La carte d’électeur est le prolongement du vote qui constitue en droit, l’acte par lequel un citoyen participe, en se prononçant dans un sens déterminé, au choix de ses représentants à la prise d’une décision. La carte d’électeur permet aux citoyens d’exprimer leur volonté, gage de la vie en démocratie. Nous disposons, nous citoyens, de l’arme la plus redoutable : celle qui efface les ratures et qui embellit les pages de la démocratie. Il y’a donc visiblement un lien conséquent entre le vote et la carte d’électeur, comme si parallèlement nous faisons une analogie entre un conducteur et sa voiture. Un conducteur sans voiture ne peut aller à bon port et vice versa, une voiture sans conducteur ne sert pas à la fonction principale pour laquelle elle est créée.

La carte d’électeur est la richesse que riches et pauvres se partagent les mêmes bénéfices. Le milliardaire qui dépense sans compter et le pauvre à la quête d’une dépense quotidienne ne peuvent se différencier à travers la carte d’électeur. Cette précieuse carte égale tous les citoyens la détenant sans distinction de race, de religion ou de catégorisation socio-économique. « Un livre, c’est comme un homme politique. Il n’est rien sans l’électeur ». L’alternance de 2000 et celle de 2012 à laquelle nous avons vécu en tant que jeunes nous interroge sur le pouvoir inaliénable de la carte d’électeur. Elle atténue vents et marées et propose des alternatives paisibles. Jacques Séguéla disait « faire une élection, c’est raconter une histoire de telle façon que l’enfant qui sommeille en tout électeur croie que le candidat est le seul héros crédible de cette histoire.

En ces propos, nous pouvons résumer l’importance de la carte d’électeur en 5 points clés :

  • Elle permet d’exercer le droit de vote conféré à tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques
  • Elle est un moyen d’affirmer, d’infirmer, de féliciter ou de sanctionner un régime ou une gestion politique.
  • Elle sert de tremplin de paix dans la mesure où la carte d’électeur a une function atténuante de raisonner la colère de citoyens dont l’action de violence où de saccage est une expression de son désaccord politique. 
  • Elle n’a pas de prix et ne peut etre ni cédée, ni vendue, ni louée; ce qui lui confère une valeur incommensurable.
  • Elle est un moyen d’expression de sa pleine citoyenneté.
  1. Enjeux du vote dans les prochaines décennies

Des élections cruciales se présenteront durant cette prochaine décennie. Elles verront l’arrivée de nouvelles vagues d’électeurs très jeunes. Certains auront l’âge de voter, soit dès 2024, soit 2029. Or, des enjeux politiques, économiques, sociales sont en ligne de mire. Le Sénégal sera au-devant de la gestion de ses richesses nationales (pétrole, gaz, zircon). Un nouvel cap sera franchi en termes d’évolution sociétale. L’occasion, également de préparer ces futurs électeurs à l’épreuve démocratique ne doit pas tarder. C’est le constat de son Imminence Hadiimu Salaam. Chaque génération doit faire face à ses propres problèmes. De ce point de vue, nous ne pensons que la jeunesse d’aujourd’hui soit différente de celle d’avant. La seule différence, c’est celle qui propulsera le Sénégal devant la scène internationale des pays les plus riches. Mieux, notre génération doit poser les jalons que la prochaine doit exploiter comme matière première à la production d’une valeur ajoutée dont le Sénégal pourra en bénéficier et distribuer équitablement les profits qui en découleront. Dans ce sens, nous Hudaamus, nous voyons ces enjeux comme un défi, un sacerdoce, une transmission, un legs que nous devons déposer avec une signature dont le cachet est « l’école de Hadiimu Salaam ». Soyons des élèves exemplaires de cette école, la crème excellente de cette école qui servira de modèle à la génération de 2024 et de 2029.

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